couples et mariage

Thursday, September 29, 2005

L'IMPORTANCE DES CONFLITS ENTRE LES COUPLES

Il n'est apparemment pas facile de vivre une vie de couple satisfaisante pendant plusieurs années si l'on se fie au taux de divorce. Ce dernier se situe aux environs de 50% en Amérique du Nord, ce qui ne compte pas les couples qui deviennent insatisfaits ou malheureux et qui ne se séparent pas. Il s'est stabilisé si on considère l'ensemble de la population mais si on le calcule selon l'année de mariage, on observe que la probabilité continue d'augmenter pour les jeunes couples. Par exemple, le taux était de 30% pour les couples formés en 1950, de 50% pour ceux formés dans des années 70 et de 67% pour ceux formés dans les années 90 (Goleman, 1997). La moitié des divorces se produisent dans les sept premières années de mariage. Pour les deuxièmes mariages, il est de 10% plus élevé que pour les premiers (Gottman et Silver, 1999).

Pourtant les recherches montrent que les gens sont généralement non seulement très satisfaits de leurs relations au début mais aussi engagés (contrairement à une croyance répandue) et optimistes par rapport à l'avenir de leur relation. Il leur est difficile de s'imaginer qu'elle pourrait se dégrader (Clements and al., 1997; Gottman et Silver, 1999). Que se passe-t-il pour que, quelques années plus tard, ils en soient rendus à penser à la séparation? Pourquoi n'ont-ils pas été capables de maintenir leur satisfaction et leur engagement ? Peut-on identifier des différences entre les couples qui réussissent à vivre heureux ensemble et ceux qui y échouent? Y a-t-il des facteurs qui sont prédicteurs du succès ou de l'échec des relations ? Depuis quelques années, les recherches qui posent cette dernière question sont particulièrement révélatrices.

Dans ces recherches, plusieurs couples sont suivis pendant plusieurs années. Différentes caractéristiques de leur relation (ex. leurs modes de communication lors de divergences, leur niveau d'engagement, d'harmonie sexuelle, etc.) sont observées et mesurées. Après quelques années, alors que les couples peuvent se diviser en deux groupes, ceux qui se sont séparés ou se considèrent malheureux et ceux qui sont satisfaits de leur relation, on vérifie si l'appartenance à ces groupes est reliée aux caractéristiques observées au début de la recherche, plusieurs années auparavant. Aurait-on pu prévoir quels couples allaient se séparer ?

Différentes équipes de chercheurs dont celles de Clements et Markman (Clements, et al., 1997) et de Gottman (Gottman et Silver, 1999) ont constaté que certaines caractéristiques permettent en effet, avec une précision assez grande, de prédire les probabilités d'insatisfaction et de séparation. Résultat étonnant, ils ont constaté que les aspects positifs d'une relation qui débute tels que le niveau d'engagement, d'harmonie sexuelle, d'intimité, de satisfaction, etc. ne permettent pas de prédire les probabilités de succès d'une relation. Ce qui semble prédicteur par contre, est la façon dont les couples réagissent aux divergences et aux conflits lorsqu'ils se présentent.

Pour tous les couples, des différences et des conflits apparaissent inévitablement. Ils doivent décider où vivre, comment diviser les tâches, comment gérer l'argent, quelle carrière privilégier, comment répartir leur temps de loisir, personnel et avec la famille, etc.. Les différences dans les goûts, les besoins, les priorités et les idées entre les partenaires amènent des conflits d'intérêts souvent difficilement conciliables. Ce n'est pas le fait d'avoir des conflits qui est prédicteur d'échec, ni le nombre, ni les domaines de conflits. Les couples heureux après plusieurs années ont aussi des sujets de mécontentement, des conflits non résolus et des discussions parfois pénibles. Mais chez les couples qui se retrouvent séparés ou insatisfaits, on observe beaucoup plus fréquemment certaines façons négatives de réagir aux conflits qui s'avèrent néfastes. Elles enclenchent une escalade où tout est interprété de façon de plus en plus négative. Les pensées et les sentiments négatifs envers l'autre deviennent envahissants au point que, dans le quotidien, les aspects positifs de la relation perdent du terrain. Il ne reste plus beaucoup d'amitié, c'est-à-dire de respect et de plaisir d'être ensemble (Gottman et Silver, 1999).

L'échec des relations conjugales serait ainsi dû à l'érosion des aspects positifs exercée par les comportements négatifs. Selon plusieurs chercheurs, un acte négatif contrebalancerait plusieurs actes positifs (faire une activité ensemble, faire l'amour, etc.). C'est ce qui ferait que les aspects positifs qui ont amené les partenaires à être ensemble et qui alimentaient leur satisfaction dans les premiers temps ne permettent pas de prédire le succès de leur relation.

Nous verrons dans la première partie de ce dossier, quels sont ces façons de réagir aux conflits qui sont si néfastes. Nous verrons également comment apparaissent et évoluent les conflits. Dans la deuxième partie, nous verrons, de quelles façons, selon des recherches récentes, les couples peuvent orienter leurs efforts pour préserver leur relation de l'érosion par les conflits. Les modèles et recherches présentés ici constituent des développements de l'approche behaviorale-cognitive des relations de couple. Ils sont loin de faire le tour de la question. Il existe une multitude de modèles pour décrire et comprendre les relations de couple. Chacun éclaire et précise des facettes différentes.

2 Comments:

  • At 8:52 AM, Blogger Ola said…

    Merci!

     
  • At 1:57 AM, Blogger My SEO said…

    Très bon blog pour qui est passionnée dans ce domaine = très bon blog pour moi ;-) ET en plus j'aime bien votre style et le choix de vos articles (je viens d'en lire 4). Je crois que cela mérite bien un petit commentaire d'encouragement de ma part ;-) ;-) ;-)

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